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Les vases communicants

À moins d’être illettré, ce qui n’est jamais à exclure en période de modernisme, on reconnaîtra sans mal que dans vases communicants, il y a quelque chose de vaseux. Ah, le vieux principe des vases communicants : le contenu aspiré par l’absence de contenu, la fin des dénivellations verticales.  

Ainsi résumé, il est passablement évident que nous vivons un intense moment de vases communicants pour des raisons d’épanchement du contenu dans le vide. Penser pour trois ou quatre, dans un coin, en petit comité et dans le dur en plus ? Et les lois de la physique des fluides ? La rétention, voilà le grand fléau à l’origine de toutes les inégalités.

La nature au contraire (qui suivre d’autre en période de fluide dégoulinade ?) nous enseigne les vases communicants : épancher le plus possible de savoir (pour les nuls, pour les jeunes, les vaseux, les potiches, à la télé, à la radio, dans le métro) afin qu’il n’y ait plus aucun bassin de rétention. Liquidons la morale montagnarde, liquéfions les dernières verticalités ! Le jour où tous les vases auront fini par communiquer, nous serons enfin au niveau.

T.E.F

Le principe du tiers exclu

Par principe, le tiers est exclu : si c’est faux ce n’est pas vrai, si c’est mal ce n’est pas bien, si c’est à gauche ce n’est pas à droite. Par principe, autant dire sans aucun débat citoyen et participatif, sans aucun vote à main levée, de l’aube au coucher, à jeun ou en AG, le tiers est exclu, comme ça, sans raison. Et le plus triste dans cette sale histoire de tiers exclu, c’est que cela ne dérange personne.

Le parti du bien et le parti du mal s’entendent comme larrons en foire dès qu’il s’agit d’évacuer le tiers, de l’éliminer sans nuance, de l’envoyer promener. C’est que le tiers à exclure dérange : avec lui, fini le duel des opposés. Sa devise : entre les deux, il y a toujours quelque chose, une petite nuance qui change tout, un interstice inattendu.

Si tu es d’ici tu n’es pas de là-bas, si tu condamnes ceci tu justifies cela, si tu penses par ici, tu ne pense pas par là. “Avec moi ou contre moi”, claironne le dur. “Prenons les deux ensemble”, chantonne le mou. L’un ou l’autre, c’est un doigt ; l’un et l’autre, c’est un tas. Et le tiers exclu ? Exclu de tout ou confondu dans le tout, le tiers exclu a disparu. De toute façon, il était irrécupérable par principe.

T.E.F.