Le principe du tiers exclu

Par principe, le tiers est exclu : si c’est faux ce n’est pas vrai, si c’est mal ce n’est pas bien, si c’est à gauche ce n’est pas à droite. Par principe, autant dire sans aucun débat citoyen et participatif, sans aucun vote à main levée, de l’aube au coucher, à jeun ou en AG, le tiers est exclu, comme ça, sans raison. Et le plus triste dans cette sale histoire de tiers exclu, c’est que cela ne dérange personne.

Le parti du bien et le parti du mal s’entendent comme larrons en foire dès qu’il s’agit d’évacuer le tiers, de l’éliminer sans nuance, de l’envoyer promener. C’est que le tiers à exclure dérange : avec lui, fini le duel des opposés. Sa devise : entre les deux, il y a toujours quelque chose, une petite nuance qui change tout, un interstice inattendu.

Si tu es d’ici tu n’es pas de là-bas, si tu condamnes ceci tu justifies cela, si tu penses par ici, tu ne pense pas par là. “Avec moi ou contre moi”, claironne le dur. “Prenons les deux ensemble”, chantonne le mou. L’un ou l’autre, c’est un doigt ; l’un et l’autre, c’est un tas. Et le tiers exclu ? Exclu de tout ou confondu dans le tout, le tiers exclu a disparu. De toute façon, il était irrécupérable par principe.

T.E.F.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s